Il n’y a pas que le feu qui détruit les journaux…

Charlie Hebdo tient à apporter tout son soutien (au moins moral) aux salariés de France Soir (dès qu’on a les moyens, on vous rachète). Ce n’est bon signe pour personne lorsqu’un journal, quel qu’il soit, disparaît. Un journal papier, payant et vendu en kiosque. Bref, un journal.
Charb et la rédaction de Charlie

10 réflexions au sujet de « Il n’y a pas que le feu qui détruit les journaux… »

  1. punaise si la presse disparaît , que va t’il rester , soit certains citoyens modestes , qui en l’occurence comme moi sont passionnés d’infos et qui se rendent sur le terrain , après reste la crédibilité des sources et de la structure du papier , n’est pas redacteur qui veut et ainsi reporter photographe etc….. il faut l’avoir dans le trippes ce métiers

  2. Je ne donnerai même pas un centime d’euro pour France Soir. Et pour le soutient moral c’est pareil, ce sera que dal… Pourquoi pas de l’argent pour Minute, National Hebdo… Bon d’accord, France Soir ce n’est ni Minute ni National Hebdo, mais c’est tout aussi con.

    Charb tu as besoin de vacances là.^^

  3. Il y a qques millénaires on gravait la pierre, puis on est passé au papyrus, puis au papier. Chaque changement de support a entraîné des perturbations dans le monde de l’information. Demain, le support sera numérique. C’est comme ça. Nous sommes malheureusement dans une époque charnière où la presse doit réinventer son support. Chaque jours il y a des quotidiens/hebdos/mensuels papier qui disparaissent à travers la planète. Il y a plusieurs raisons à cela, l’une d’elle est que la presse doit se réinventer rapidement et trouver de nouveaux moyens de monétisation sur les supports numériques. Ce n’est pas facile, et beaucoup y laisseront leur peau. Je n’ai pas de solution, c’est juste un constat. La presse doit (encore) se réinventer… et rapidement.

  4. @Ch-M: « punaise si la presse disparaît , que va t’il rester »
    Des espaces publicitaires: Metro, 2 minutes…

  5. @ agoncal
    Demain, c’est déjà aujourd’hui. Je pense que le papier est le support du présent et de l’avenir. Pour plusieurs raisons :
    – La relation à un support papier est très différente de celle que l’on peut avoir avec un écran. Il y a quelque chose d’affectif, de lent, d’apaisant dans le papier.
    – Le monde numérique se confond de plus en plus avec le monde « connecté » ( synonyme de base de données, fichage, statistiques, violation de la vie privée). On peut avoir un désir profond d’échapper à ce monde là.
    – Le papier à un troisième point fort et non des moindre, il est infiniment plus écologique.
    A mon sens les livres, les journaux surpasse de beaucoup les tablettes numériques.
    Par contre, je pense que le mode de distribution actuel de la presse est mal barré. Là, il reste certainement des choses à inventer.

  6. @Eléonore concernant vos trois points :
    – L’affection au support papier. Je suis totalement d’accord avec vous… car j’ai quarante ans et j’ai grandit avec le papier. Ma fille en a six, et elle aura une relation beaucoup moins affective avec ce support (ma nièce de 19 ans prend toutes ses notes à la fac avec sa tablette numérique)
    – Le monde numérique est effectivement encore une zone de non-droit (je vous conseille la présentation de Michel Serres qui compare l’Internet à la foret de Sherwood http://www.usievents.com/fr/conferences/3-usi-2008/sessions/901-keynote-michel-serres). Il reste donc un droit de l’internet à créer. Ce droit étant international, cela risque d’être très long à prendre forme.
    – Comme vous dites, le transport de tout ce papier est catastrophique. On n’imagine pas les tonnes de papier qui parcours la France en camion quotidiennement (et la planète entière puisque Charlie peut aussi se lire ailleurs). Le numérique peut résoudre ce problème (il y a aussi des avancés dans la fabrication de composants « plus écologique »).

    Je fais parti de ceux qui pensent que le très controversé Dawson a raison : l’ère du numérique est une évidence (http://benoitraphael.com/2010/11/02/extinction-des-journaux-en-france-2029/). Par contre, je fais aussi parti de ceux qui pensent que la presse n’est pas lié à son support historique : le papier (elle est né avec le papier, c’est tout). Elle doit juste se réinventer et, surtout, apprendre à monétiser ce nouveau support numérique. Mais dans cette longue et douloureuse bataille, nombreux y laisseront des plumes. J’espère juste que ça nivellera par le haut (et que notre Charlie sera centenaire).

  7. @ agoncal
    Vous avez lu trop vite ce que j’ai écrit. Je n’ai pas dis « … le transport de tout ce papier est catastrophique. » Ça c’est vous qui l’écrivez.
    Si le transport du papier est effectivement polluant (je suis d’accord avec vous), sa fabrication en revanche est infiniment moins polluante que la fabrication des tablettes numériques ou de tout autre objet ayant un écran à cristaux liquides. Les gens le savent peu, mais, pour fabriquer une tablette numérique il faut des « terre rares » (encore appelé « minerais rares »). Ces terres sont difficiles et très polluantes à extraire. La quasi totalité (les médias parlent souvent de 90%) des besoins de l’industrie high tech sont couvert par une offre chinoise. La Chine est le leader mondial dans le domaine. C’est loin la Chine… et le transport comme vous le signalez « est catastrophique » pour l’environnement. Donc pour résumer, fabriquer des écrans numériques, transporter des écrans numériques sont des activités polluantes. Je finirai en précisant, que pour l’instant le recyclage des « minerais rares » n’est que vaguement à l’étude. Le recyclage du papier à lui depuis longtemps fait ces preuves. L’obsession du numérique, l’obsession de la dématérialisation est à mon sens un pure phantasme. L’un des nombreux avatar du phantasme de la pureté.

  8. @Eléonore une fois de plus, je suis d’accord avec vous : la construction d’une tablette est bien plus polluante qu’un livre. Mais, le papier vient de fêter son 2000e anniversaire. En 2000 ans nous avons optimisé sa production et son recyclage. Le transistor, lui, n’a même pas 70 ans. Et nous n’aurons pas à attendre 2000 ans pour fabriquer et recycler (de manière écologique) nos tablettes et autres composants (bon, il est vrai qu’il y a potentiellement 7 milliards de consommateurs sur cette planète… beaucoup plus qu’il y a 2000 ans). De plus, un Kindle peut stocker plusieurs milliers de livres.

    Je ne défends pas spécialement le numérique. Je constate juste que la planète est en train de changer… et très vite. La fracture numérique existe à tous les niveaux. Les applications du Monde ou de Libé sur tablette se résument à afficher la version papier sur un support numérique. On peut faire beaucoup beaucoup mieux, et certaines startup n’hésitent pas à innover dans ce domaine, alors que le canal historique de la presse a dû mal à prendre le train en marche.

    Je ne veux vraiment pas passer pour un admirateur de Star Trek, mais je continue à penser que l’avenir de la presse se joue, aussi, sur les nouveaux supports.

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